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Jeudi 26 avril 2007

Sarkozy s'ouvre à l'UDF

Le candidat UMP, qui était hier soir sur TF1, n'entend pas débattre avec le président de l'UDF.

 
C'EST chez lui, en préparant « Face à la Une », que Nicolas Sarkozy a entendu François Bayrou lui proposer un débat. Ses collaborateurs restés rue d'Enghien ont immédiatement transmis sa réponse : « Ce sera non. Le premier tour est passé, et François Bayrou a été éliminé, même s'il ne semble pas s'en être aperçu. Nicolas Sarkozy débattra avec son adversaire du second tour. » Les proches du candidat UMP traitent avec la même indifférence la menace de mesures de rétorsions, aux législatives, contre les sortants UDF ralliés à la « majorité présidentielle » sarkozyste.
 
Dans une interview publiée par Le Monde daté d'aujourd'hui, le candidat prend d'ailleurs soin de ne pas insulter l'avenir. Il envisage toutes les hypothèses, y compris celle d'un accord de répartition des circonscriptions avec François Bayrou sur la base des 18,55 %. « On peut très bien en parler », assure-t-il, tout en précisant : « C'est une discussion qu'auront les partis politiques au lendemain de l'élection présidentielle. » Jusque-là, il s'en tiendra à une promesse : « Tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature avant le 6 mai sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité. »
 
«Un statut de l'opposition »
 
Et l'accord ne sera pas assorti de conditions supplémentaires, comme par exemple le vote systématique de la confiance au gouvernement ? Nicolas Sarkozy se garde bien d'évoquer la question. Rappelant n'avoir « jamais cru à un parti unique de la droite et du centre », il assure qu'« à côté du pôle UMP », « le pôle issu du centre pourra porter avec l'identité qui est la sienne les valeurs auxquelles il tient, celles de l'Europe, de l'ouverture sociale, d'une République exemplaire ». « Un troisième s'ajoutera aux deux premiers, précise-t-il. Un pôle de gauche, auquel je ne demanderai pas de renier son engagement, mais qui se reconnaîtra dans la nécessité de faire bouger la France sur un contrat de gouvernement de cinq ans. » Sans promettre explicitement des ministères à ses futurs alliés, pour ne pas tomber dans les « combinazione » qu'il a encore reprochées hier à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy affirme : « J'irai assez loin dans l'ouverture politique et le renouvellement. » Son calendrier lui permet une certaine souplesse. Après une passation de pouvoirs qu'il « n'imagine pas » avant le 16 mai, veille de l'expiration du mandat de Jacques Chirac, il nommera d'abord ses « quinze ministres, qui seront évalués chaque année au regard de la lettre de mission qu'ils auront reçue ». Le choix des secrétaires d'État, dont il ne précise pas le nombre, « interviendra après les législatives ».
 
Au chapitre de l'« ouverture », le candidat s'engage aussi à créer un « statut de l'opposition », et annonce qu'il ne serait « pas choqué que la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale soit confiée à un élu de l'opposition ». En revanche, il confirme son opposition à l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif, en expliquant que « si un jour il devait y avoir une ouverture à l'Assemblée nationale, cela ne pourrait se faire que par la suppression d'un certain nombre de sièges de députés élus dans les circonscriptions ».
 
Contrairement à Royal, qui a proposé d'amender son « pacte présidentiel » pour le rendre centro-compatible, Nicolas Sarkozy considère que son projet n'est pas négociable. Persuadé qu'« un nouveau référendum tuerait l'Europe », il veut faire adopter un minitraité qui soit opérationnel fin 2007. Il a renouvelé sa promesse de faire voter « dès l'été » une loi sur le service minimum si un accord n'intervient pas d'ici là. Sa position sur la lutte contre la délinquance n'a pas changé non plus. Comme il le dit lui-même : « C'est à Bayrou de choisir ! »
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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