Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 13:06

Interview de Michèle Alliot-Marie par Le Figaro

 

 
LE FIGARO. - Comment jugez- vous la campagne de Sarkozy ?
 
Michèle ALLIOT-MARIE. - Je suis d'abord heureuse de l'intérêt des Français pour cette élection. Je me réjouis ensuite de voir Nicolas Sarkozy mener une campagne de proximité et de terrain qui lui permet d'écouter les Français et de dialoguer avec eux, mais aussi tenir une série de grands discours thématiques.
 
Il est le seul de tous les candidats à intégrer la dimension des relations internationales, qui est et sera de plus en plus déterminante pour la place de la France dans le monde, ses atouts dans la mondialisation, sa capacité d'action. La candidate socialiste évite le sujet. Peut-être cela vaut-il mieux, d'ail­leurs, quand on voit le nombre d'erreurs qu'elle commet. Il y a quelques jours encore, elle parlait du régime taliban en Afghanistan alors qu'il n'est plus au pouvoir depuis 2001. Quant à François Bayrou, ce thème apparemment le gêne. Il ne parle plus de sa volonté d'une Europe supranationale et fédérale, qui est pourtant la seule conviction politique qu'il a développée sans discontinuer depuis vingt ans. A-t-il changé d'avis ? A-t-il peur d'effrayer les électeurs ? Je ne sais pas.
 
Nicolas Sarkozy doit-il davantage associer les personnalités de l'UMP à sa campagne ?
 
Pour convaincre, il nous faut occuper le terrain. Les voix s'arrachent une à une. Pour ce faire, notre candidat n'a pas besoin de clones, ou de gens en permanence à côté de lui sur les tribunes. Il a besoin de personnalités complémentaires. Pour ma part, je fais un meeting chaque soir. J'y développe mes convictions issues du gaullisme de renouveau. En femme libre de mes propos, de ma propre pensée. Je me sens d'autant plus libre et à l'aise dans cette campagne que Nicolas a désormais fait siens la plupart de mes thèmes.
 
Au second tour, Sarkozy devra- t-il aller chercher en priorité les voix de Jean-Marie Le Pen ou celles de François Bayrou ?
 
Nul n'est propriétaire de ses voix. Un leader politique peut toujours faire des recommandations, les électeurs vont vers celui qu'ils estiment le mieux à même de répondre à leurs aspirations. Si les socialistes voient le président de la République comme celui du peuple de gauche, nous, nous considérons qu'il est le président de tous les Français. Nous parlerons donc aux Français, à tous les Français, qu'ils aient voté Le Pen, Royal, Bayrou ou même Besancenot au premier tour.
 
François Bayrou peut-il se qualifier pour le second tour ?
 
Le candidat centriste perd du terrain. Dans un premier temps, il a critiqué tout et tout le monde, avec parfois des accents popu­listes : cela a plu à ceux qui avaient des reproches à faire à la droite ou à la gauche. Mais il est vite apparu comme contradictoire. Il critique vingt ans d'un supposé « système » auquel il a pleinement participé comme élu, comme ministre et comme chef de parti. Il se pose en homme du terroir, mais j'ai l'impression qu'il a passé depuis vingt ans plus de temps à l'arrière de sa voiture de ministre ou de président du conseil général que sur le siège de son très médiatisé tracteur. Je comprends que des électeurs authentiquement centristes, dont les valeurs sont sur de nombreuses questions proches des nôtres, soient perplexes et n'aient pas envie d'être instrumentalisés au profit des socialistes.
 
Être au pouvoir depuis cinq ans, est-ce un atout ou un handicap pour l'UMP ?
 
L'UMP est de loin le parti le plus apte à gouverner et à agir vite. Elle en a les hommes et les femmes, à la fois ceux qui ont de l'expérience du gouvernement ou du Parlement, et ceux qui représentent un renouveau. Les socialistes flottent entre un programme voté par tous et une candidate qui hésite perpétuellement entre s'y accrocher ou s'en détacher. François Bayrou, lui, est tout simplement dans l'incapacité d'agir. Il critique mais n'a pas de projet concret. Il promet un gouvernement composé de socialistes et d'UMP. Mais comment pourrait-il gérer dans une même équipe quelqu'un qui veut assouplir les 35 heures et un autre qui veut les généraliser ? Il dit avec un certain mépris que les soutiens viendront automatiquement en cas de vic­toire. Donc il s'appuierait sur des hommes renonçant à leurs convictions pour obtenir un poste ! Ce n'est pas le souhait des Français.
 
Que devra faire Nicolas Sarkozy au lendemain d'une victoire ?
 
Après avoir gagné la présidentielle, il faudra s'assurer une majorité. Donc gagner les élections législatives. Cela suppose la nomination d'un premier ministre qui agisse en confiance avec le président et sache aussi être une valeur ajoutée, pour lui et pour conduire avec dynamisme la campagne électorale. Dans le même temps, il faudra très vite donner un signal fort de la volonté de tenir les engagements du président de la République, pour rendre confiance aux Français. La méthode de gou­vernement devra mettre en oeuvre détermination sur les objectifs, ouverture et écoute dans l'éla­boration des solutions et résolution dans la mise en oeuvre des décisions.
 
Avez-vous des regrets de ne vous être finalement pas lancée dans la course à la présidentielle ?
 
Quand j'ai pris une décision, je me projette exclusivement et sans regrets dans l'avenir. Aujourd'hui, je veux faire gagner Nicolas Sarko­zy et ma famille politique.
 
Où vous voyez-vous après une victoire de Sarkozy ? À Matignon, au gouvernement, à la présidence de l'Assemblée nationale ou à la tête de l'UMP ?
 
Ce n'est pas l'heure de ces questions. La priorité, c'est de gagner l'élection. Pour la suite, quand on a eu une expérience aussi complète que la mienne, on a évidemment envie de la mettre au service de la France. Le gouvernement est, bien sûr, un des lieux privilégiés de l'action, même s'il n'est pas le seul. Je n'ai pas épuisé les charmes de l'action.
 
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 13:02

Bayrou dénonce l'UMP et le PS

 

 

C'ÉTAIT une journée bucolique. Détendue et ensoleillée. Hier, François Bayrou a mené campagne dans l'ouest de la France, dans cette région des Pays de la Loire où, aux régionales de 2004, la liste centriste conduite par Jean Arthuis avait réa­lisé des scores élevés. À Châtelain, près de Château-Gontier, en Mayenne, le candidat UDF a retrouvé ses réflexes d'exploitant agricole, en dialoguant, en plein champ, avec un producteur de lait biologique, en­touré de vaches Prim'Holstein.
 
Dans la soirée, François Bayrou a pris un bain de foule dans le centre-ville d'Angers où il devait tenir meeting. Celui qui veut « faire bouger les lignes » pour qu'« en France on puisse se tendre la main par-dessus la frontière dépassée qui séparait un bord de l'autre » a reçu le soutien de Michelle Moreau, premier adjoint au maire socialiste d'Angers, et devait recevoir celui de l'ancien maire DVG Jean Monnier. Surnommé « le Roi Jean », cet ancien rocardien avait quitté le PS pour protester contre l'union avec les communistes.
 
Hier, l'actualité a offert à François Bayrou l'occasion de se poser en champion de la moralisation de la vie économique et politique. Pour lui, les indemnités de départ accordées à Noël Forgeard, l'ancien dirigeant d'EADS et d'Airbus, sont la preuve de cette « société de connivence » qu'il dénonce inlassablement. Il faut « passer de l'opacité, du secret, de la connivence, à la transparence », a-t-il déclaré à Changé, dans la banlieue de Laval. « Ça ne peut plus durer comme ça », a-t-il ajouté. « Il faut tourner une page sur ces pratiques » qui « créent une incroyable fracture entre les entreprises et l'opinion ».
 
Malgré des carnets de commande « pleins pour cinq ans », « EADS se trouve dans une situation incroyable parce que la gestion n'a pas été à la hauteur », a-t-il poursuivi, en rendant responsables de cette crise « les guerres internes » entre clans liés au pouvoir. « PS et UMP ont tous deux eu une responsabilité dans la manière dont les affaires d'EADS ont été conduites » et c'est pour cela qu'« ils sont silencieux ».
 
« Éthique et morale »
 
Pour remédier à cette situation, le président de l'UDF, qui, la veille dans le Pas-de-Calais, avait souhaité des sanctions contre « les patrons voyous », propose une solution. S'il est élu président de la République, il fera voter une « loi de moralisation de la vie économique » afin que la nécessaire liberté de l'économie « obéisse à des règles élémentaires d'éthique et de morale ».
 
Autre sujet d'actualité, les révélations du Canard enchaîné selon lesquelles Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac auraient passé un accord pour éviter au président sortant un « retour de flamme judiciaire ». « Si c'est vrai, c'est évidemment inacceptable parce que la justice doit être indépendante et tous doivent être égaux devant la justice, qu'ils soient puissants ou misérables », a dit François Bayrou. S'il est élu président, il garantira « que les procédures iront à leur terme, sans aucune entrave ». « Il n'y aura pas de ces ententes souterraines », a-t-il promis. Au risque de froisser les fidèles chiraquiens tentés par le vote Bayrou.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 13:01

Interview du Figaro avec Jean-Marie Le Pen

Tout en affichant ses divergences avec le candidat de l’UMP, sur l’Europe ou l’immigration, Jean-Marie Le Pen évoque « des points possibles d’accord et de convergence ».

 
LE FIGARO. – Revenons en France. Vous dites qu’on peut parler avec Nicolqs Sarkozy. C’est-à-dire ?
 
Jean-Marie LE PEN. – J’ai rencontré deux fois Sarkozy pour parler de problèmes de technique électorale. Il nous a à chaque fois reçus fort courtoisement. Je n’ai pas de contentieux personnel avec M. Sarkozy comme j’en avais avec M. Chirac, non pas de mon fait mais de son fait à lui.
 
Cela étant, M. Sarkozy est le chef d’un grand parti politique français, je ne peux pas l’ignorer, pas plus que je ne peux ignorer M. Bayrou, chef d’un parti de la majorité plus petit mais quand même important, qui a toujours fait entre 10 % et 15 % des voix. Je ne considère pas avoir des ennemis mais des concurrents, même à gauche.
 
Oui, mais vous présentez Sarkozy comme un « candidat issu de l’immigration »…
 
Je reconnais que M. Sarkozy a été courtois à notre égard, cela n’a aucune autre conséquence. J’ai souligné ce qu’il y avait de différent entre nos deux candidatures : la mienne est celle d’un homme du terroir et la sienne est celle d’un fils d’étrangers qui se revendique comme tel et entraîne derrière lui le suffrage de gens qui ne le choisissent que parce qu’il est le fils d’étrangers. Je ne vois pas pourquoi moi je ne me prévaudrais pas d’être de La Trinité-sur-Mer quand le fils de Pal Sarkozy se prévaut d’être d’origine hongroise. Il y a dans la personnalité du président de la République une exigence d’adéquation avec le peuple français – et même d’incarnation de ce peuple – qui ne peut pas être le fait d’un candidat d’origine étrangère récente. Le président de la République est le successeur de nos rois, de nos empereurs, de nos présidents de la République, c’est une dimension particulière de la fonction.
 
Vous avez parlé d’une « ère nouvelle » si Sarkozy était élu. Un rapprochement du FN avec sa majorité est-il envisageable ?
 
C’est à lui qu’il faut poser la question. Ces dernières années, c’est Chirac qui a fait preuve d’ostracisme à l’encontre du FN, et non pas l’inverse. Chirac ne voulait pas parler avec nous. Si M. Sarkozy veut parler avec tous les partis politiques y compris le Front national, c’est une ère nouvelle, oui. Si Sarkozy dit qu’il est d’accord pour un rapprochement, pourquoi pas ? Cela dépendra de l’intérêt de notre pays et de l’intérêt de notre mouvement. En tous les cas nous n’avons pas d’a priori, ni contre lui, ni contre personne.
 
Peut-on imaginer aux législatives des accords de désistement ?
 
Il me paraît extrêmement difficile d’avoir un accord avec des candidats qui sont européistes et immigrationistes, c’est-à-dire partisans de perpétuer la politique d’immigration, avec des aménagements, mais telle qu’elle a été pratiquée depuis trente ans. Moi je suis en rupture nette sur ces sujets. Sur d’autres sujets comme l’école, la réforme fiscale, la réforme des retraites, il doit y avoir des points possibles d’accord et de convergence.
 
En 1988, vous aviez dit, en parlant de François Mitterrand : « Pas une voix pour cet homme-là ! » Diriez-vous la même chose à propos de Ségolène Royal si elle était en face de Sarkozy ?
 
Si c’est cela, je serais marri et un peu désespéré. C’est qu’il n’y aurait pas eu contestation des mœurs de la Ve République agonisante.
 
Mais, à supposer que cela se produise, pourquoi me déterminerais-je à l’avance et irais-je me faire des adversaires avant l’échéance ?
 
Et s’il s’agissait d’un second tour opposant François Bayrou et Nicolas Sarkozy ?
 
Je n’y crois pas. Il est totalement invraisemblable que quelqu’un puisse passer de 6 % à 25 % en deux mois.
 
Si vous étiez au second tour, qui préféreriez-vous avoir en face de vous ?
 
Sarkozy, Bayrou ou Royal ?

 
Je n’ai pas de préférence. Pourquoi devrais-je préférer une éventualité à une autre ? C’est le genre de problème que je ne me pose pas. Ces gens-là sont interchangeables.
 
Logiquement, vous feriez un meilleur score contre Royal que contre Sarkozy…
 
Ce n’est pas sûr. Il y a un rejet de Sarkozy dans certains milieux, notamment à gauche, qui est très violent.
 
Tout le monde dit que si vous êtes au second tour vous n’avez aucune chance d’être élu. Qu’en pensez-vous ?
 
C’est vous qui le dites ! Je ne crois pas du tout à la possibilité d’une mobilisation comme en 2002. Non bis idem.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 /04 /Avr /2007 08:14

Le FN prépare déjà le second tour de Le Pen

Pour ne pas être pris au dépourvu comme en 2002, le FN a rédigé affiches et argumentaires pour l'entre-deux-tours.

 
LE PEN y croit. Le Pen attend son heure. Malgré les sondages qui le placent en quatrième position, le président du FN se voit parmi les deux candidats de tête, comme en 2002, au premier tour de l'élection présidentielle.
 
Les bureaux du Front national s'emploient, d'ores et déjà, à le préparer. Surtout, ne pas être pris au dépourvu, comme en 2002 : c'est la consigne. Jean-Marie Le Pen avait certes annoncé avant le 21 avril 2002 qu'il serait dans les deux premiers, mais c'était un peu par bravade et il n'y croyait sans doute qu'à moitié. Dans la nuit qui avait suivi le premier tour, Marine Le Pen, Bruno Gollnisch et quelques proches avaient dû « rédiger et maquetter » la profession de foi du second tour. Et trouver précipitamment du papier. Il est vrai que celui que devait utiliser Lionel Jospin était disponible...
 
Cette fois donc, les dirigeants du FN veulent faire les choses posément. « On travaille assidûment à préparer les documents qui devront être imprimés dès le lendemain du premier tour. Documents qui sont tous conçus pour un Le Pen finaliste », explique Martial Bild, l'adjoint du délégué général Bruno Gollnisch. Ce sera évidemment peine perdue dans le cas contraire mais, affirme-t-il, « on fait l'impasse sur l'hypothèse où Le Pen serait absent du deuxième tour ».
 
Sont donc en cours d'élaboration la profession de foi du candidat, un tract et une affiche pour le deuxième tour. Le FN, poursuit Martial Bild, « a préparé trois projets d'affiches : Le Pen face à Sarkozy, Le Pen face à Ségolène Royal et Le Pen face à Bayrou. Dimanche soir à 20 heures, on lancera l'impression pour l'une des trois. 350 000 affiches seront imprimées. Elles devront être mises en place dans les deux ou trois jours ». Fernand Le Rachinel, député européen du FN, imprimeur, se chargerait de les réaliser.
 
500 tonnes de papier réservées
 
Même chose pour les 47 millions de professions de foi - autant que d'électeurs - qui devront être prêtes pour le mardi 24 au soir. Elles aussi font l'objet de trois rédactions, en fonction des trois hypothèses. Les trois textes ont été soumis à Jean-Marie Le Pen pour imprimatur. Les trois maquettes seront prêtes le 15 avril. L'impression de l'une d'elles commencerait le lundi 23 avril à 5 heures du matin. « On en sort 200 000 à l'heure par rotative », explique Éric Iorio, responsable de la propagande sur Internet. Pour pouvoir en réaliser 47 millions, Fernand Le Rachinel a d'ores et déjà prévu d'en sous-traiter une bonne partie auprès d'autres imprimeurs.
 
Enfin, le tract pour le deuxième tour est lui aussi en préparation, en trois formules. Il serait tiré à 10 millions d'exemplaires et distribué par les militants entre le 23 avril et le 4 mai, ce qui, explique Iorio « permet d'étaler l'impression ». En tout, le FN a dû prendre une option sur 500 tonnes de papier qui sont en stock chez les différents imprimeurs.
 
Jean-Marie Le Pen justifie sa certitude affichée d'être au second tour par le fait que les deux finalistes seront ceux qui auront dépassé les 20 % au premier tour. Et il se voit être l'un des deux : « J'avais fait 17 % la dernière fois ; quand on compare les sondages entre ce que j'avais en 2002 et ce que j'ai aujourd'hui, c'est trois à quatre points de plus, par conséquent il suffit d'extrapoler ces chiffres », a-t-il expliqué au début de la semaine sur France Info. Les intentions de vote attribuées à François Bayrou lui paraissant relever de l'« escroquerie ».
 
Et, tandis que les autres « grands » candidats s'épuisent à multiplier les meetings, serrent des mains sur les marchés, visitent des usines, vont voir des grévistes, se rendent dans les DOM-TOM, lui se ménage. Sa dernière grande réunion publique a eu lieu le 25 mars à Toulouse. Il lui en reste deux avant le premier tour : le 15 avril à Paris et le 19 à Nice. Il laisse à sa fille Marine, à Louis Aliot, à Bruno Gollnisch le soin de faire campagne pour lui sur le terrain. Il ne se déploie véritablement que sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio, où il est invité tous les jours et souvent plusieurs fois par jour. Et il juge que cela est bien suffisant pour faire campagne, au motif - invoqué souvent par Louis Aliot, secrétaire général du FN - qu'un meeting réunit au maximum 5 000 personnes quand une grande émission de télévision en « touche » plusieurs millions.
 
Jean-Marie Le Pen est persuadé qu'un mouvement de fond se dessine en sa faveur. Il a, affirmait-il le 18 mars à La Trinité, « le sentiment profond » que « le peuple français est en état de fureur rentrée ». Il croit que s'est formée une « vague » en sa faveur, comme « le tsunami de Banda Aceh ». Il se contente d'attendre. Le Pen est en embuscade.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 21:34

Gilles de Robien soutient Nicolas Sarkozy

 

Le seul ministre UDF du gouvernement explique avoir «des divergences de fond» avec le candidat centriste, François Bayrou.

 
Après André Santini, Christian Blanc et Simone Veil, c’est au tour d’un autre élu UDF d’apporter son soutien au candidat UMP, Nicolas Sarkozy. Gilles de Robien, seul ministre centriste du gouvernement Villepin, annonce sa décision dans un entretien au Journal du Dimanche, rendu public samedi.
 
Le ministre de l'Education nationale déclare avoir eu «plusieurs longues conversations ces jours derniers, dont une encore samedi» avec l'ancien ministre de l'Intérieur. «Après avoir soigneusement pesé le pour et le contre, je suis au clair. Ma décision est mûre», dit-il.
 
Expliquant qu'il a «toujours été UDF et l'est encore», Gilles de Robien fait valoir «des divergences de fond» avec le candidat centriste, François Bayrou. Il reproche au candidat UDF de rester dans «le flou» et de «laisser les électeurs dans l'ambigüité».
 
Il revendique son appartenance au «centre droit» et veut construire avec Nicolas Sarkozy, s'il est élu, «une majorité plurielle», «une majorité élargie».
 
François Bayrou prône quant à lui un gouvernement «d'union nationale» rassemblant personnalités de droite et de gauche.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 21:32

Sarkozy conforte son avance, Bayrou recule

 

En déplacement à Annecy, jeudi, Nicolas Sarkozy avait prédit que la polémique sur les événements de la gare du Nord provoquerait un « tournant » dans la campagne en faveur des défenseurs de l'ordre et de l'autorité, à commencer par lui. Il reste convaincu que c'était « une folie » de la part de Ségolène Royal et François Bayrou de le désigner comme l'ultime responsable du saccage.

Une intuition vérifiée par la hiérarchie des motivations de vote. La lutte contre l'insécurité passe de la septième à la quatrième place pour l'ensemble des Français. Elle est même en hausse de treize points dans l'électorat de droite où elle est désormais en tête des préoccupations. Mais selon notre enquête, la candidate socialiste n'est pas pénalisée par ses déclarations. Les intentions de vote en sa faveur progressent même légèrement, de 26,5 % à 27 %. Il faut dire que tout en attaquant l'ancien ministre de l'Intérieur, Ségolène Royal a pris soin de se mettre du côté de ceux « qui paient leur ticket ».
Le clivage gauche-droite se durcit
Renvoyer dos à dos le PS, coupable à ses yeux de « laxisme » et l'UMP, qualifiée de « répressive », n'a pas réussi à François Bayrou. Ses attaques, toujours plus virulentes contre Sarkozy, qu'il rêve d'affronter au second tour, ont heurté des électeurs de droite tentés par le vote centriste et les ont incités à retourner au bercail.

Quand le climat se tend, les clivages se durcissent. 54 % des personnes interrogées, et 70 % des sympathisants de droite, estiment que les violences de la gare du Nord « ne sont pas liées à la politique mise en place par Nicolas Sarkozy ». 40 % de notre échantillon, et 61 % des sympathisants de gauche, pensent le contraire et mettent en cause son action au ministère de l'Intérieur. L'électorat populaire, dans son ensemble, exonère l'ancien locataire de la Place Beauvau : pour 56 % des ouvriers, sa politique n'est pas responsable des événements de mardi.

Le détail de notre étude fait apparaître un autre clivage profond sur cette question, puisque 60 % des électeurs âgés de 18 à 25 ans, toutes tendances confondues, font le lien entre la politique de Nicolas Sarkozy et les affrontements de mardi soir. Tout ce qui peut creuser ce fossé générationnel est dangereux pour le candidat de l'UMP. La question sur la sûreté du choix exprimé par les personnes interrogées confirme que rien n'est joué. 37 % d'entre elles peuvent encore changer d'avis, soit 3 % de plus que la semaine dernière.

Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 21:39

Sarkozy formule son projet avec prudence

Le candidat UMP énonce ses engagements dans une plaquette distribuée à huit millions d'exemplaires.

 
« JE VEUX être le président de la République qui réformera la France... Notre pays a besoin de changements profonds. » C'est sur cette profession de foi, en ligne sur son site depuis hier, que s'ouvre la plaquette de Nicolas Sarkozy, distribuée à 8 millions d'exemplaires, et qui fixe ses grands engagements déclinés en 15 chapitres. « La réhabilitation du travail est au coeur de mon projet », écrit-il en préambule de ce document - « Mon projet pour la France » - où il reprend les propositions égrenées au long de ses discours. Parfois avec davantage de précisions, parfois de façon beaucoup plus floue.
 
Ainsi nulle référence à la baisse très commentée de quatre points en dix ans des prélèvements obligatoires, et pas davantage au bouclier ­fiscal de 50 %. « Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser », écrit-il en mentionnant aussi l'objectif de « réduire la dette et le déficit ». Nulle référence précise non plus au nombre de fonctionnaires, même si l'engagement de « ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux » est en revanche repris dans un entretien à L'Express hier. Dans ce même entretien, le candidat UMP indique aussi qu'il lancera « une expérimentation de TVA sociale » et confirme la ­création d'une « franchise » sur les dépenses d'assurance-maladie, oubliée dans le projet officiel, où il se contente de marquer sa volonté que « chacun se sente responsable du financement de notre système de ­santé ».
 
Prudence aussi sur le service public de l'emploi : « L'ANPE, l'Une­dic, les maisons de l'emploi seront réunies en un seul service public », est-il écrit, ce qui n'implique pas ­forcément la « fusion » que rejettent les partenaires sociaux. Entre la plaquette de campagne et l'entretien à L'Express, voici les grands points du projet économique et social.
 
Modernisation du dialogue social : liberté de candidature au premier tour des élections professionnelles, représentativité des syndicats déterminée en fonction des résultats aux élections, vote à bulletin secret au bout de huit jours de grève, et « loi sur le service minimum garanti » en cas de grève. Dans L'Express, Sarkozy laisse la porte ouverte à « une solution contractuelle, sans passer par la loi ».
 
Objectif 5 % de chômage en 2012 : au-delà des mesures concrètes - pas d'impôt sur les jobs étudiants, cumul emploi-retraite -, le projet souligne la nécessité de changer de politique économique pour investir massivement sur la formation, l'innovation et la recherche, rapprocher « la fiscalité des entre­prises de la moyenne européenne, et réduire la fiscalité qui pèse sur le ­travail ».
 
Réhabiliter le travail : le projet confirme le contrat unique pour les nouveaux embauchés « plus souple pour les entreprises, plus sécurisant pour les salariés ». Il reprend le contrat Borloo en expérimentation pour les licenciés économiques avec transfert de leur contrat de travail au service de l'emploi et garantie de « 90 % de la rémunération antérieure aussi longtemps que nécessaire, pour suivre une formation qualifiante, trouver un nouvel emploi... Mais, il ne sera plus possible de refuser deux emplois sans justification ». Le candidat qui veut une « démocratie irréprochable » précise dans L'Express qu'il veut « rendre illégaux les parachutes dorés ».
 
Pouvoir d'achat : « Les heures supplémentaires seront toutes payées au moins 25 % de plus que les heures normales, et seront exonérées de toute charge sociale et de tout impôt »... La conférence en juin sur l'égalité salariale et professionnelle est confirmée, de même que la revalorisation des petites retraites et la hausse de 25 % du minimum vieillesse financées grâce à « la réforme des régimes spéciaux ».
 
Logement et famille : pour les locataires, suppression de l'obligation de caution et du dépôt de garantie ; pour les propriétaires, déduction de l'impôt des intérêts de l'emprunt - « Probablement à partir de juillet », précise-t-il dans L'Ex­press et « y compris sur les intérêts à courir des emprunts déjà contractés »  - et crédit d'impôt pour ceux qui ne paient pas d'impôt. Le projet Sarkozy confirme enfin les allocations familiales « dès le premier enfant », des droits de retraite « à ceux qui se consacrent à leurs enfants ou s'occupent d'une personne handicapée » et la suppression des droits de donation et de succession sauf pour « les plus riches ».
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 21:30

Schivardi, candidat "de" maires

Le candidat du Parti des travailleurs a trouvé un compromis pour valider son matériel de campagne.

 
Gérard Schivardi n'est pas le candidat "des" maires mais le candidat "de" maires ou "présenté par des maires". C'est la formule de compromis trouvée par le candidat du Parti des travailleurs avec la Commission nationale de contrôle de la campagne pour l'élection présidentielle pour valider son matériel de campagne. La CNCCEP lui refusait la première étiquette qui sous-entendait "un soutien de la généralité des maires" et qui était contestée par l'Association des maires de France. 45 millions de professions de foi avaient été invalidées. Le PT évoque un préjudice de 300.000 euros.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 21:26

Ségolène Royal revient sur le terrain social

 

 La candidate a proposé un nouveau contrat aidé pour les jeunes non qualifiés dans l'artisanat et le petit commerce.

 
CE SERA le « contrat première chance ». Par opposition, bien sûr au contrat première embauche, le CPE tant décrié par la gauche, auquel Jacques Chirac renonçait il y a un an jour pour jour, le 31 mars 2006. Hier, Royal fêtait cet enterrement à Clermont-Ferrand, en tenant meeting dans un lieu pour jeunes : le B Box, plus grande boîte de nuit monosalle d'Europe, qui peut accueillir 3 500 personnes. Mais c'est dans la petite salle des fêtes de la mairie de Guéret qu'elle a énoncé sa proposition de nouveau contrat aidé pour les jeunes sans qualification. Une façon aussi, pour elle, de s'échapper du débat sur la sécurité. Un contrat qui s'ajoute aux 500 000 emplois-tremplins de six mois pour les jeunes qualifiés - qu'elle a déjà prévu de créer dans les entreprises et les associations. Le « contrat première chance », une expression employée par l'entourage de la candidate, concernera les entreprises de l'artisanat et du commerce, c'est-à-dire les très petites entreprises (TPE, moins de dix salariés).
 
« Il y a, d'un côté, 500 000 offres d'emploi » qui ne trouvent pas preneur dans le commerce et de l'artisanat (bâtiment, restauration, ­ser­vice...) « et de l'autre, 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification. » Pendant un an, ces jeunes seront payés à un niveau qui sera « à négocier localement », salaires et charges étant pris en charge par l'État et les régions, qui piloteront l'expérience et apporteront un appui en formation, notamment sous la forme de tutorat.
 
Plaidoyer pour le service public
 
Royal se réclame du parrainage de Jacques Delors, et de sa proposition de « Chantier national pour les jeunes sans qualification ». « En contrepartie, je demanderai aux artisans et aux commerçants de respecter ces jeunes, de ne pas leur confier que des tâches d'exécution, car ils sont parfois découragés par les tâches qu'on leur donne » et, « si le jeune fait ses preuves, qu'on peut lui faire confiance, je demanderai à l'artisan de le recruter sur un emploi stable et durable », dit-elle, sans pouvoir préciser comment elle fera.
 
Quant à savoir combien tout cela coûte, Royal évoque le chiffre de 1 milliard d'euros pour 190 000 emplois, trouvé dans « le recyclage » de fonds de la profession professionnelle, ou d'autres contrats. Un peu plus tôt, son équipe parlait de 2, voire de 5 milliards. Évoquant son expérience de présidente de région, Mme Royal a fait part de son scepticisme sur leur efficacité. « Quand je vois le coût des stages de re-motivation, je me dis que le jeune serait bien mieux chez l'artisan du coin. » La candidate socialiste affirme pourtant qu'elle n'a pas l'intention de remettre à plat tous les systèmes de contrat aidés car « on perd un an et on refait des usines à gaz ».
 
Ségolène Royal s'est aussi lancée dans un plaidoyer pour le service public. Dans cette même ville de Guéret, en 2005, pendant la campagne pour le référendum européen, François Hollande s'était fait prendre à parti dans une manifestation pour la défense du service public, récoltant quelques boules de neige. Le mot d'ordre de Royal : « résister et inventer ». « Quand un service ­­pu­blic existe, on résiste et on le maintient. En revanche, on imagine comment il peut évoluer », a-t-elle dit, évoquant « des services publics polyvalents » ou « itinérants ». Royal a enfin promis de « rétablir, dès cet été, l'ensemble des postes supprimés » dans l'Éducation nationale et qu'« aucun service public ne ­fer­mera sans l'accord des élus ».
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 21:40

BESSON

« Qui connaît Madame Royal ? » domine non seulement les autres livres politiques, mais aussi les romans.

 
Qui ne connaît plus « Qui connaît Madame Royal ? ». La question se pose au vue des ventes pharamineuses du brûlot d’Eric Besson paru chez Grasset. Selon le classement IPSOS-Livres Hebdo, son livre pointe à la première place de la catégorie « essais/documents », devant « Projet d’espoir », de François Bayrou.
 
Mais le livre de l’ex-secrétaire national socialiste devance aussi « Ensemble, c’est tout », d’Anna Gavalda, et décroche la première place du "Top 20", toutes catégories. Moins d'une semaine après sa sortie, le livre se hisse également à la 3e place des ventes des livres politiques depuis le 1er janvier, derrière "Un pouvoir nommé désir" (Grasset) de Catherine Nay sur Nicolas Sarkozy et "L'inconnu de l'Elysée" (Fayard) de Pierre Péan.
 
Ce phénomène d’édition aura-t-il un effet destructeur sur Ségolène Royal ? Il faudra attendre de connaître les ventes de « Maintenant », le livre de la candidate socialiste sorti le 27 mars, pour le savoir.
Par Arnaud - Publié dans : Vie politique
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